Dompteurs d’ange, Claire Favan, La bête noire

Jess Kaan Uncategorized 0 Comments

Parce qu’il a été incarcéré à tort, parce qu’en prison, il a servi d’exutoire aux autres prisonniers, Max Ender décide de se venger d’une manière toute personnelle. Il va kidnapper les enfants de ses bourreaux et les retourner contre eux, contre la société.

J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de Claire Favan, cette romancière née en 1976.
D’ailleurs je vous l’avais interviewé pour ce blog voir ici

Dans Dompteur d’anges, elle frappe très fort. Une erreur judiciaire, un enchaînement de violence, une victime qui devient bourreau, décide de se venger. La première partie de son roman est d’une intensité surprenante, je le concède.
Le postulat de départ m’a vraiment scotché et la vengeance de Max Ender qui suit sa dégringolade est vertigineuse.

Puis le roman bascule dans une seconde partie, une marque de fabrique de Claire Favan que l’on avait découverte dans le tueur intime par exemple où le tueur disparaissait pour commettre ses crimes.

Je n’en dirai pas trop pour ne pas dévoiler le suspens, mais là j’ai eu un peu de mal à me remettre dans l’ambiance.
Pourquoi ?
Ce n’est pas mal écrit, loin de là, mais peut-être en aurai-je voulu davantage dans la première partie, ou alors une vrai continuité qui aurait été difficile à mettre en scène je le concède.

Par la suite, le roman reprend son rythme de croisière, on sent arriver un truc ou deux, mais c’est prenant, happant comme un tgv lorsqu’on se tient sur le bord du quai. Simplement, oui je vais paraître pénible, j’ai eu l’impression qu’à vouloir happer à tout prix, Claire Favan se sent obligée de pratiquer la surenchère alors que non, cela ne s’impose pas vraiment. Son intrigue est béton, ses personnages auraient gagné à davantage de profondeur encore, je pense à l’un des héros broyé dans l’étau du mensonge pour lequel on se sent pris de sentiments ambivalents.

Alors que penser de Dompteur d’anges ?
C’est un très bon roman, on ne peut pas le nier, mais j’espère simplement que Claire Favan ne tombera pas dans le piège de la surenchère pour les prochains, parce que ce serait dommage. Il est des horreurs psychologiques qui terrifient davantage. Perso, je suis convaincu que Claire Favan saura nous surprendre avec son prochain bébé de papier, mais nous surprendre d’une autre manière que dans le tueur intime, en jouant sur une autre construction, en nous prenant à contrepied…

Je vais juste conclure avec une agréable impression sur la collection la Bête noire. La mise en page est agréable, la police de caractère idem, c’est un très bel objet livre et le prix reste abordable.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *